La compétition entre MCs a souvent été au coeur des collaborations. Faire mieux que son congénère devait être numéro 1 sur la checklist de chaque rappeur lorsqu’on leur demandait un featuring ou qu’on leur en proposait un. Et Fat Joe raconte comment il l’a appris à ses dépends en se remémorant l’élaboration de la chanson The Enemy de Big L.

« C’est l’une des chansons dont je suis le plus fier. Big L était comme mon petit frère. Il était membre de Diggin’ In The Crates (DITC). C’était notre petit frère. C’est Finesse qui l’a amené ici. Big L et moi passions beaucoup de temps ensemble, on se racontait des blagues, on se détendait. J’étais son mentor. »

 

Malheureusement pour Fat Joe, (et tant mieux pour nous) Big L avait décidé de mettre son respect envers son ‘grand frère’ de côté, du moins le temps d’une chanson.

« Chaque fois que tu rappes avec quelqu’un, c’est comme une compétition, mais ça va sans dire. Personne ne veut vraiment le dire. Mais Big L a été le premier rappeur à me défier sur une chanson. Je venais d’être Disque d’Or avec Don Cartagena, et il m’a dit : ‘J’ai besoin de toi sur ma chanson, et je veux que tu saches que je vais te démolir et prendre tous tes fans’. Personne ne m’a jamais mis la pression comme ça sur une chanson! Je lui ai dit: ‘Quoi, L ?’ Il a dit: ‘Je vais te prendre tous tes p*tains de fans. Tu as été Disque d’Or. J’ai besoin de tes fans.’ J’ai mis mon coeur et mes meilleurs efforts dans cette chanson. J’ai fait de mon mieux, parce que Big L était là : ‘Je vais te détruire sur ce son.’ « 

 

Quant au thème de la chanson, il s’orientait vers un ennemi commun:

« On a toujours eu l’impression que les flics nous faisaient passer un sale quart d’heure et ne nous laissaient pas de répit, même si nous faisions légitimement ce qu’il fallait. Surtout à cette époque. C’est ce que c’était. »

 

Joe rend ensuite hommage à L:

« Big L aurait été un géant dans le game. Il était l’un des meilleurs rappeurs, l’un des plus lyricaux. Il était charmant, plein d’esprit, intelligent, beau gosse. Très intelligent, un entrepreneur. Il était sur le point de signer sur un label. On ne sait pas la carrière qu’il aurait pu avoir. Le ciel était la limite pour lui. Qui sait, il y aurait peut-être eu un autre Dipset. Tu sais, il vient du quartier de Cam’ron. Il aurait pu avoir son propre petit Dipset là-bas aussi. »

 

(Ré)écoutez la chanson ci-dessous.

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