L’âge d’or du hip-hop se caractérise par la percée commerciale du genre à la fin des années 1980 et les morts de Tupac et Biggie au milieu des années 1990. Bien sûr, les fans de rap n’ont jamais cessé de débattre des années qui constituent le véritable sommet du hip-hop. Pour certains, l’âge d’or a commencé avec la montée en puissance de Run DMC en 1985 et a duré jusqu’à ce que New York, en passant par Nas et Biggie, redevienne la Mecque du rap en 1994. Pour d’autres, il a commencé avec l’arrivée de NWA en 1988 et s’est terminé avec l’explosion du Gangsta Rap en 1993.

Cela étant, la question qui nous intéresse ici est la suivante: quelle est la plus grande année de l’histoire du hip-hop? En quelle année le genre a-t-il atteint son apogée?

 

Les critères de sélection:

Afin de déterminer la meilleure année du hip-hop, nous nous sommes concentrés sur sept critères différents.

1. L’état du rap game: Quels étaient les événements qui entouraient la culture à l’époque ?
2. L’influence sur le genre: Dans quelle mesure et de quelle manière l’année en question a-t-elle influencé le hip-hop ?
3. Le nombre d’albums classiques: Quelles ont été les sorties les plus importantes et les plus marquantes de l’année ?
4. Les singles timeless: Quels sont les singles sortis cette année là qui passent encore en boucle aujourd’hui ? (L’année de sortie de l’album peut différer avec celle du single)
5. Les rappeurs à leur apogée: A l’époque, quels MCs étaient au sommet de leur art ?
6. Les nouveaux venus: Quels rappeurs en devenir se sont fait connaitre cette année-là ?
7. Underground’s jewelz: Quelles pépites moins mises en avant ont fait leur apparition ?


Quarante deux années ont été analysées, de 1979 – qui coïncide avec la première chanson rap enregistrée, « Rapper’s Delight » – à 2020. Trente deux années ont été éliminées, nous laissant les dix plus belles années de l’histoire du hip-hop.

Quelle est la plus belle année ? C’est ce que nous allons découvrir en dévoilant régulièrement, l’une des dix meilleures années du hip-hop dans l’ordre décroissant du classement.

 

#10 – 1997: La fin de la guerre east/west

Albums classiques: Life After Death de Notorious B.I.G – One Day It’ll All Make Sense de Common – In My Lifetime, Vol.1 de Jay-Z – Supa Dupa Fly de Missy Elliott – Wu-Tang Forever du Wu-Tang – The War Report de Capone N Noreaga – When Disaster Strikes de Busta Rhymes – Big Willie Style de Will Smith – The 18 Letter de Rakim

Singles timeless: Triumph du Wu-Tang Clan – Hypnotize et Mo Money Mo Problems de Biggie – Pick It Up de Redman – Da Joint de EPMD – I’ll Be Missing You de Puff Daddy et Faith Evans – The Message de Nas – GOD Pt III de Mobb Deep – Men In Black de Will Smith – These Days de Nate Dogg – Feel So Good de Mase

Rappeurs à leur apogée: Will Smith – Common – Busta Rhymes

Nouveaux venus: Missy Elliott – Capone N Noreaga

Underground’s Jewelz: Funcrusher Plus de Company Flow – Fan-Tas-Tic (Vol. 1) de Slum Village – Jewelz d’OC – Overcast! d’Atmosphere – Uptown Saturday Night de Camp Lo


Si 1997 aura été marquée par le décès tragique de Tupac survenu quatre mois plus tôt ainsi que celui de Biggie, elle nous aura valu l’excellent double album Life After Death ainsi que la nouvelle prise de pouvoir du hip-hop newyorkais avec les albums de Busta Rhymes, Jay-Z et du très attendu second opus du Wu-Tang Clan, ainsi que les nouveaux venus Missy Elliott et Capone N Noreaga. Will Smith apportera un vent de fraicheur avec Big Willie Style, tandis que Rakim reviendra avec son tout premier solo. Enfin, 1997 coïncidera surtout avec la fin du beef entre la east et la west, contribuant ainsi à un respect mutuel entre les artistes et fans des deux côtes, lassés de toutes ces violences qui auront couté la vie à deux des plus beaux joyaux de la couronne du rap.