Voici ce que les critiques de l’époque disaient sur le troisième album de Tupac sorti en 1995.

 

Entertainment Weekly

2Pac raconte la routine de l’homme noir reclus dans la rue mieux que quiconque, parce que c’est la personne qu’il est. Quand il dit que c’est « Moi contre le monde », c’est une sonnette d’alarme qu’il tire de sa propre expérience. Sur l’album, la voix du rappeur est enterrée profondément dans le mixage. C’est dommage, si elle était plus « dans ta face », les instrus ternes auraient pu être moins remarquées. B-

 

Chicago Sun – Times

Le dernier album de 2Pac mélange la dureté et la tendresse. Le désespoir suit la colère sur « Fuck The World » et « It Ain’t Eazy », mais la plupart des chansons témoigne d’une fragilité sous la solide carapace du rappeur. « Dear Mama » est un hommage larmoyant à sa mère. « Lord Knows » révèle la contemplation désespérante du suicide et « So Many Tears » pondère un monde sans pitié qui détruit des jeunes vies. Tupac inclus même une dédicace douloureuse à Joey Sandifer, l’adolescent de Chicago dont la courte vie s’est terminée lors d’une brutale fusillade.




Après ses sorties précédentes qui manquaient de concentration et de consistance, 2Pac a enfin présenté un projet soigné d’introspection et de réflexion sociale. C’est ironique que ça arrive au moment où sa peine de prison commence.

 

The New York Times

L’album surprendra quiconque s’attend à une glorification sauvage d’un gros dur. Là où le gangsta rap d’avant célébrait le machisme, les complaintes ont commencé à apparaitre ces dernières années, notablement avec Dead Homiez d’Ice Cube sorti en 1990. Me Against The World tourne autour des souvenirs et du deuil.

La musique a un calme fataliste dans un moule commercial. Certaines chansons suivent les bass lentes et les refrains au synthé des productions de Dr Dre. Même si 2Pac ne chante pas, d’autres voix le font, ce qui fournit une mélodie douce.




Los Angeles Times

L’incarcération de Shakur n’a pas entravé le succès de son troisième album solo, Me Against The World, qui a atteint la 1ère place du Billboard depuis sa sortie sur Interscope il y a trois semaines. Boosté par le succès de « Dear Mama », qui est 7ème dans les meilleures ventes singles cette semaine, Me Against The World a vendu presque 500.000 copies.

Shakur, 23 ans, et Interscope semblent avoir tirés le maximum d’une situation unique: sortir un album avec un programme marketing qui fut en partie conçu par Shakur depuis la prison.

Le rappeur a été autorisé à être interviewé une seule fois pendant son incarcération, expliquant à Vibe que sa Thug Life était terminée suite à plusieurs embarras avec la loi et après être passé tout près de la mort le 30 novembre dernier lorsqu’il s’est fait tirer cinq fois dessus lors d’un vol à l’extérieur d’un studio d’enregistrement de Manhattan.

Shakur a précisé à Vibe, que l’interview serait sa dernière et a prononcé cette phrase:

« Si je me fais tuer, je veux que les gens sachent tout. Je veux qu’ils connaissent l’histoire entière. »