De quoi ça parle? est la nouvelle section d’Adramatic Hip-Hop dans laquelle vous retrouverez quotidiennement une analyse textuelle détaillée d’un son ainsi que la traduction de ses passages clés afin d’en extraire l’histoire qu’il raconte.

 

‘Breakdown’ est sorti en 2011 et est extrait de l’album Cole World: The Sideline Story. Ce morceau est un récit personnel sur le sentiment d’abandon parental provoquant de nombreux traumatismes entraînant la chute de certaines situations familiales. Il évoque également son adolescence difficile entouré d’une mère cocaïnomane et en détresse sentimentale, divisant ainsi sa famille.




J Cole revoit son père biologique au bout de nombreuses années alors qu’il a toujours souffert de son absence. En effet, son père n’a jamais été présent dans son éducation, et n’a pu lui servir d’exemple ou de figure paternel. Par conséquent, l’homme qui partage le même ADN que lui est réduit à n’être qu’un inconnu envers qui Cole ressent une haine viscérale :

Ecoute, je viens de verser des larmes et non, je ne suis pas très fier de l’admettre
Je viens de voir mon père pour la première fois depuis un moment
Quand je dis un moment, je veux dire des années, mec
Une baleine aurait pu nager dans ces larmes
Car en les laissant couler, j’ai réfléchi à mes jeunes années
Quand il n’y avait que moi, mon frère et ma mère qui jouait le rôle du père
Parce qu’aucun autre homme n’a pris la peine de le faire
Même pas mon biologique, cela n’a jamais semblé logique
Mais je l’ai accepté parce que je ne savais pas ce que c’était
Tant de choses que tu aurais pu me dire
Et tu aurais pu m’empêcher de commettre des erreurs
J’ai l’impression que tu me connais à peine
Et c’est dommage, car notre nom de famille est le même
Le groupe sanguin qui coule dans nos veines est le même
Ma mère t’a quitté et c’est peut-être cette colère qu’il faut blâmer
Mais ce n’est pas une excuse, seuls toi et Dieu connaissez la vérité
Et pourquoi tu n’appelles qu’une fois par mois, tu ne m’as presque jamais vu
Je passe quelques étés avec toi et je joue avec mon cousin Maury
Je devrais peut-être te dire « va te faire foutre » parce que tu es égoïste
Mais je veux tellement un père, je ne peux pas m’empêcher de… craquer

Ici, J Cole fait allusion au passé de cocaïnomane de sa mère lorsque celui-ci était encore au lycée. Désireux d’une vie familiale saine, Cole subit cette situation parentale désastreuse et peine à retrouver espoir :

Je n’aurais jamais pensé voir ma mère accro à la drogue
C’est en train de niquer son corps, maintenant elle est malade, bordel
Je voulais une grande maison avec une clôture blanche et une piscine
Qui aurait pu penser qu’on en arriverait là ?
Les sables mouvants, c’est ce que je ressens dans cette vie
Ce que font les rappeurs n’a rien à voir avec la vie réelle
Tu as gagné un million de dollars en vendant de la coke ? Ouais bien
Ma maman te montre ce que les accros de cette drogue ressentent, stupide négro




Dans ce couplet, J Cole dresse l’évolution chaotique d’une famille en désarroi. Emprisonné lorsque sa fille n’était encore qu’un nourrisson, le père entraîne la chute familiale de part son absence et ses délits. Seule et abandonnée, la mère de J Cole tente de reconstruire sa vie sentimentale :

Oui, il est en prison, enfermé
Et elle ne veut que personne le sache
Sa fille fait 11 kg
Quand il sortira, elle aura 4 ans
Sa copine restera-t-elle fidèle ?
Elle l’aime sans aucun doute, c’est sûr
Mais la tentation reste présente
Et si elle s’est égarée, comment pourrait-il le savoir ? Il ne le saura jamais
Et ainsi, elle va en boite le week-end
Un peu flippant, mais les négros lui font signent, mais elle ne leur parle jamais
Mais ce soir, je vois le diable ramper
Parce qu’elle seule, elle n’a pas touché un homme depuis sept saisons
Merde ! Elle fait du mieux qu’elle peut
Sa mère lui dit de trouver un autre homme
Elle a fait ses études universitaires avec un petit ami criminel
C’est ce à quoi elle pense ce soir
Elle a peut-être raison, mais s’il te plaît
Reste là chérie
Il faut être fort, ne craque pas chérie






J Cole s’est confié sur cette chanson lors d’une interview :

« Breakdown » est une chanson que j’ai faite il y a longtemps, après « Lost Ones », mais toujours vers 2008. J’ai commencé avec cette batterie, et je me suis dit : « Et si je faisais de la batterie entraînante… ça pourrait presque être la fête. Et si j’y mettais ce sample émotif », et c’est ce que j’ai fait, j’ai haché ce sample… C’est en fait probablement la chanson la plus personnelle de l’album. »

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