‘Alright’ est sorti en 2015 et est tiré de l’album To Pimp a Butterfly. Kendrick Lamar dénonce les discriminations raciales envers la communauté afro-américaine aux États-Unis ainsi que les violences policières qu’ils subissent injustement. Ce morceau alterne entre les refrains remplis d’espoir et les couplets aux messages plus sombres.






Kendrick Lamar débute le refrain avec la référence du roman de l’écrivaine Alice Walker « Toute ma vie, j’ai dû me battre ». Il joue ici avec l’idée que Dieu est appelé dans des circonstances variées, bien qu’il estime qu’en nourrissant une foie sincère envers lui, Il trouvera une solution à ces différends :

Toute ma vie, j’ai dû me battre, négro
Des temps difficiles
Des mauvais trips
Mais si Dieu nous soutient, alors tout ira bien

Kendrick critique tout autant l’industrie musicale qui lui montre de l’intérêt à des fins économiques mais également la préoccupation vicieuse du gouvernement envers la communauté afro-américaine en raison de la menace que celle-ci représenterait pour les États-Unis. Il pointe du doigt les innombrables meurtres commis par la police envers les noirs afin d’accuser les véritables coupables. Il emploie également une métaphore subtile lorsqu’il évoque le bruit silencieux d’un Mac-11, réputé pour provoquer des tirs discrets, qu’il assimile à la brutalité policière étouffée par les médias et la justice.

Et quand je me réveille
Je sais que tu me regardes en tant que cible
Mais la brigade des homicides te regarde d’en haut
Quel MAC-11 fait le même boom que les basses ?
Intriguant, et laissez-moi vous raconter ma vie
Les antidouleurs ne font que me plonger dans le crépuscule
Où les jolies chattes et les billets sont à l’honneur

Kendrick a peur de décevoir sa mère en raison des nombreux vices qui viennent le hanter, et craint d’être privé du Paradis à cause des péchés qu’il a commis :

Maintenant dis à ma mère que je l’aime, mais c’est ce que j’aime, le Seigneur sait
Vingt d’entre eux dans ma Chevy, dites-leur de venir me chercher
Je récolte tout ce que je sème, pour que mon karma vienne au ciel
Pas d’audience préliminaire dans mon dossier
Je suis un putain de gangster silencieux pour info

Il comprend ainsi qu’il est trop tard pour ignorer ses erreurs du passé, et a peur que le karma se retourne contre lui, de ce fait il accepte la réalité de son destin en sombrant dans la dépression et les vices :

Dites au monde que je sais qu’il est trop tard
Garçons et filles, je crois que je suis devenu fou
Noyé dans mes vices toute la journée

Il expose ici les conséquences psychologiques et émotionnelles de la condition sociale des afro-américains. Il établit un lien entre le manque d’identité notoire de son peuple avec leur manque de fierté, qui se détériore lors des luttes qu’ils entreprennent de part l’oppression des autorités. Il conclut ce couplet en évoquant l’affaiblissement de son corps, tant il s’agenouille pour demander pardon à Dieu de tous ses péchés d’autrefois :

Ne sais-tu pas?
Nous avons été blessés, nous avons déjà été à terre
Négro, quand notre fierté était au plus bas
En regardant le monde genre : « Où allons-nous ?
Et nous détestons la police
Ils veulent nous tuer dans la rue sans aucun doute
Négro, je suis devant la porte du prêcheur
Mes genoux s’affaiblissent, et mon arme risque d’exploser
Mais tout ira bien

Kendrick explique la dichotomie entre le Bien et le Mal, oscillant entre des actions morales et immorales. En faisant toute même cette distinction entre le légal et l’illégal, le Diable s’empare de lui en l’incitant à se procurer des fonds de manière douteuse, sa cupidité l’ayant rattrapé. Il souhaite ainsi rester près de son ami par le biais de cet argent :

Je peux voir le mal, je peux le dire, je sais que c’est illégal
Je n’y pense pas, je dépose chaque zéro à la banque
Pensant à mon partenaire, peignant le Regal
Je fouille dans ma poche, il n’y a pas assez pour te nourrir
Chaque jour, ma logique reçoit un dollar de plus juste pour te garder
En présence de ton gars

Il ne fait pas qu’évoquer tout ça, il agit également et encourage ses pairs à faire de même et opte pour l’écriture afin que Dieu lui pardonne :

Je ne fais pas qu’en parler, je le suis chaque jour
Si je l’ai, alors tu sais que tu l’as, Paradis, je peux t’atteindre
Mes droits, mes torts ; j’écris jusqu’à ce que je sois en accord avec Dieu






‘Alright’ a été acclamé par les critiques et le grand public, et connaît un véritable succès commercial dont de nombreuses récompenses aussi bien par rapport à la musique qu’au clip vidéo.

 

De quoi ça parle? est la nouvelle section d’Adramatic Hip-Hop dans laquelle vous retrouverez quotidiennement une analyse textuelle détaillée d’un son ainsi que la traduction de ses passages clés afin d’en extraire l’histoire qu’il raconte.