Le hip-hop est né dans le Bronx, à New York, et a fait le tour de l’Amérique et de la planète, ce qui signifie que New York et le hip-hop sont à jamais liés. Les auditeurs de rap du monde entier qui ne sont jamais allés à la Grosse Pomme connaissent grâce à certaines chansons des endroits comme les immeubles de Queensbridge de Nas, la froideur des quartiers de Brooklyn de Biggie et le South Bronx de KRS-One.

Il n’est donc pas surprenant que les cinq arrondissements de la ville aient produit de nombreux grands talents du rap. Slick Rick, KRS-One et Big Pun sont tous originaires du Bronx. Big Daddy Kane, The Notorious B.I.G. et Jay Z viennent tous de Brooklyn. Nas, LL Cool J, et 50 Cent représentent Queens. Les contributions de Staten Island proviennent principalement d’un camp mais restent significatives avec tous les membres du Wu-Tang Clan. Et même Manhattan a ses propres stars telles que Kool Moe Dee, Diddy et Cam’ron. Le fait que les artistes qui tentent de nos jours de porter le drapeau de New York soient inévitablement écrasés par son poids témoigne de la contribution de la ville à la fondation du hip-hop.

C’est pourquoi il n’est pas facile de choisir les 20 meilleures chansons rap définissant au mieux le hip-hop newyorkais. Pour cette liste, nous avons donné une préférence particulière aux chansons qui ont marqué la ville en elle-même. Nous avons également imposé la limitation à une chanson par artiste dans le but de refléter une plus grande diversité.

Grandmaster Flash & the Furious Five – The Message (1982)

« The Message » est incontestablement l’une des chansons les plus importantes de l’histoire du hip-hop. À une époque où la plupart des sons de rap populaires étaient axés sur la fête et la danse, « The Message » est devenue l’une des premières chansons de rap à devenir un succès tout en abordant des questions sociales, notamment la pauvreté, la criminalité et la violence entre gangs dans le sud du Bronx. « C’est comme une jungle / Parfois, je me demande comment je fais pour ne pas sombrer », entend-on dans le célèbre refrain. Les questions socio-économiques et raciales soulevées par les Furious 5 sont devenues par après des thèmes populaires dans le monde du rap. Peu après, beaucoup de grands morceaux de hip-hop allaient davantage parler de race et de politique plutôt le fait de faire la fête. Cela a finalement ouvert la voie au mouvement rap conscient et a donné naissance à des groupes hip-hop new-yorkais très populaires comme Run-DMC et Public Enemy. La chanson elle-même sera également remixée, samplée et imitée par toute une série de grands noms du hip-hop. Tout cela est venu d’un groupe qui a décidé d’aborder des sujets nouveaux et controversés par le biais de la musique hip-hop.


LL Cool J – Rock the Bells (1986)

Issu du premier album de M. Smith, Radio, sorti en 1985, ce titre, produit par Rick Rubin, est un classique dès sa toute première ligne: « LL Cool J est ultra dur / je prends n’importe qui en battle je m’en fous à qui tu le dis ». Le vers sonne toujours comme l’une des lignes les plus emblématiques de l’histoire du rap. De là, L poursuit avec des lignes féroces qui ressemblent à des coups de poing après coups de poing infligés à son concurrent anonyme. C’était innovant, c’était audacieux. Il a prouvé qu’en plus d’être un gars qui portait un Kangol et des chaînes et qui a une affliction pour les beats et les radios, il était une force avec laquelle il fallait compter. Cool J a contribué à inaugurer l’âge d’or du hip-hop, et voici la chanson avec laquelle il l’a fait.

Run-DMC – Peter Piper (1986)

La musique rap peut est fun, et c’est l’une des chansons de rap les plus drôles de tous les temps. Commencez par l’intro a capella: deux amis – qui complètent littéralement les phrases de l’autre – se vantant, surtout de leur autre ami. Ajoutez ensuite le beat: un orgue carnavalesque tourbillonnant à partir d’un scratch signé Jam Master Jay qui dépose cette boucle de percussion tintante, à la fois funky et démente. Et des rimes d’enfants remixées pour célébrer le dj qui passe de superbes chansons lors d’une soirée.

Salt-N-Pepa – Push It (1987)

Les reines du Queens ont fait éclater la bulle macho du rap au moment où elles sont entrées dans le ring métaphorique. C’était la première fois qu’un groupe de femmes se lançait dans le rap – et elles étaient accompagnées d’une DJ, ce qui est également rare. Sugar Hill Records avait déjà essayé de lancer un trio de rap exclusivement féminin, The Sequence, à la fin des années 70, mais ce fut une tentative de courte durée. « Push It » a fait une percée à une époque où seuls les rappeurs masculins commençaient à dominer les hit-parades. Elles étaient féroces et sans peur, mais aussi sexy et féminines: elles ont littéralement fait avancer la culture en proposant une nouvelle danse et de nouvelles possibilités de style vestimentaire avec des catsuits, des bobs de travers et des blousons de cuir surdimensionnés, tout en montrant que les femmes pouvaient être des stars viables du hip-hop. Grâce à « Push It », Salt-N-Pepa est devenu le premier artiste / groupe d’artistes féminin hip-hop à obtenir un Disque de Platine.

Eric B. & Rakim – Paid In Full (1987)

Rakim est Jésus, et Paid In Full est l’évangile. À l’époque, personne ne rappait comme Rakim Allah. Son vocabulaire était très étendu, ce qui lui permettait de faire des rimes sans utiliser de mots grossiers. C’était vraiment une prouesse. Les flips de samples et les beats superposés d’Eric B. ont permis au genre d’évoluer jusqu’au point où il en est aujourd’hui. Le titre éponyme était composé de beaucoup d’éléments: une intro, où Rakim se remémore son rôle de braqueur, un interlude, et enfin, une fin avec Eric B qui se revendique comme le président des mixeurs. Les contrats musicaux sauvent des vies. Pour beaucoup, rapper ou vendre de la drogue sont les seuls moyens de se sortir de situations foireuses. « Paid in Full » est vraiment une histoire de persévérance et de gloire, le prototype de l’histoire de la pauvreté à la richesse.


Boogie Down Productions – The Bridge Is Over (1987)

La suite de « South Bronx » de Boogie Down Productions et le point culminant du tristement célèbre beef s’intitule « The Bridge Is Over », l’un des meilleurs disstracks de tous les temps. L’instru rudimentaire peut sembler insignifiante aux auditeurs de nos jours, mais la mélodie que KRS-One délivre en chantant « Di-di di-da, di di-di, dida di-day, aiy ! » reste parmi les lignes de rap les plus accrocheuses. Il y a également d’autres éclairs mémorables de patois jamaïcain saupoudrés comme « gwan ! » et « biddy-bye-bye ! » Outre le fait que le beef fut un moyen de faire démarrer leur carrière, le problème de BDP avec MC Shan et le Juice Crew était que ces derniers avaient affirmé que le hip-hop avait débuté dans le Queens, et non dans le Bronx. Mais comme n’importe qui, de KRS-One à DJ Kool Herc, né à Kingston, pourrait vous le dire, le hip-hop (et le Bronx) a une certaine dette envers la musique et la culture jamaïcaine pour les origines du genre. Ainsi, même si le Queens continue à l’imiter et que le Bronx continue à le créer, il est indéniable que la Jamaïque a contribué à son origine.

Public Enemy – Fight the Power (1989)

Chuck D clashant Elvis et John Wayne, deux icônes américaines, associés aux ad-libs de Flavor Flav et à la production frénétique mais brillante de Bomb Squad, empruntée à James Brown, aux frères Isley et à Syl Johnson, a fait une déclaration puissante: Public Enemy aimait les Noirs et voulait provoquer une nouvelle génération de combattants de la liberté. Ils ont représenté des éléments de leur passion pour la culture dans les choix de samples de la chanson, mais aussi dans l’appel à « combattre le pouvoir ». Leur classique a été conçu à l’origine comme un hymne pour le film de Spike Lee, Do the Right Thing, nominé aux Oscars. Il a également été repris sur le troisième album studio du groupe, Fear of a Black Planet, qui est sorti l’année suivante, et qui résonne encore comme l’un des plus grands hymnes de protestation de tous les temps.

Slick Rick – Children’s Story (1989)

Ce titre est la fondation du storytelling dans le hip-hop, une histoire banale de flics et de voleurs qui pourrait être placé dans n’importe lequel des cinq districts. Pendant ces quatre minutes dépourvues de refrain, un jeune de 17 ans est entraîné dans une vie de crime avant d’en subir les conséquences. « Les flics ont tiré sur le gamin / je l’entends encore crier », dit Slick Rick.


A Tribe Called Quest – Scenario (1992)

On avait atteint un sommet de l’âge d’or du hip-hop de New York sur ce qui est l’un des plus grands morceaux de posse cut de tous les temps. Sur « Scenario », A Tribe Called Quest et les Leaders Of The New School présentent un étourdissant éventail d’acrobaties lyriques d’une manière qui était encore nouvelle pour le hip-hop à l’époque, en montrant de nouvelles possibilités de flows et de rythmes. Phife Dawg a fait ce qu’il fait de mieux en lançant la phrase odieusement sexuelle mais intelligente « Bust a nut inside your eye to show you where I come from », tandis que Busta Rhymes a préparé le monde à ce qu’allait être sa carrière solo avec un couplet animé avec des grognements et des rugissements de dragons mélangés dans les rimes. Le flow fougueux de Busta et sa personnalité caricaturale plus grande que nature sont devenus les éléments fondateurs du fast rap ainsi que des alter ego dans le hip-hop.

Onyx – Slam (1993)

Onyx a fait ses débuts en 1991 avec le single « Ah, And We Do It Like This », qui reflétait le son jazzy du hip-hop new-yorkais de l’époque. Mais au moment où ils ont sorti leur album devenu Disque de Platine, Bacdafucup, en 1993, ils étaient à l’avant-garde d’un mouvement orienté vers des hymnes bruts et agressifs comme « Slam », avec Fredro Starr déclarant, « Maintenant tout le monde veut sonner crasseux » un an avant que le Wu-Tang Clan n’explose. Le chœur des cris de gang, les couplets animés et l’attitude « moshpit-ready » de « Slam » ont fait d’Onyx le candidat idéal pour le plus important crossover rap/métal après Public Enemy et Anthrax. Ils ont donc fait équipe avec Biohazard pour un remix de « Slam » qui a suivi l’original, et les deux groupes se sont retrouvés pour la chanson éponyme de la bande originale du film Judgment Night de 1993 qui a contribué à banaliser les collaborations entre le rap et le rock. Onyx a continué avec une série de petits succès au cours des années suivantes, mais rien n’a eu le même impact que l’improbable ascension de « Slam » au quatrième rang du Hot Single 100.

Nas – N.Y. State of Mind (1994)

Au moment de la sortie d’Illmatic en avril 1994, Nas, alors âgé de 20 ans, était déjà connu dans les cercles hip-hop de New York. Son couplet d’ouverture flamboyant sur « Live at the Barbeque » de Main Source est sorti en 1991, l’année même où il a enregistré sa démo « Nasty Nas », et « Halftime » a suivi en 1992 dans le cadre de la bande originale de Zebrahead, un film qui a également fait connaître au monde entier un acteur nommé Michael Rapaport. Le premier morceau d’Illmatic, qui suit l’introduction de « The Genesis », est « N.Y. State of Mind », qui, bien que n’étant jamais sorti en tant que single, est tout de suite apparu comme l’un des meilleurs sons d’Illmatic. Il y a le beat métronome de DJ Premier, construit à partir d’une paire de boucles de jazz, et le lyrisme de Nas: « Rappers I monkey flip ’em with the funky rhythm I be kickin ‘/Musician/Inflictin’ composition/Of pain I’m like Scarface sniffin’ cocaine/Holdin’ an M16, see with the pen I’m extreme. » Contrairement au Wu-Tang Clan qui a sorti Enter the Wu-Tang (36 Chambers) six mois plus tôt, Nas a présenté une vision claire et nette du New York dans lequel il a grandi, brandissant des mots comme les armes dont il a fait rimer le nom. Il est devenu un poète officiel du quartier, faisant plus en 40 bars que la plupart des rappeurs dans leur carrière. « Je ne dors jamais parce que le sommeil est le cousin de la mort. » On pourrait presque le croire.


Gang Starr – Mass Appeal (1994)

S’il y a un groupe qui a su capter l’esprit du rap new-yorkais du milieu des années 90, c’est bien Gang Starr. Ils étaient le centre du hip-hop à l’époque où ce centre était résolument à l’écart du courant culturel dominant. Ils étaient débrouillards, révolutionnaires, conscients et naturellement cools. C’était un diagramme de Venn de ce qu’un fan de rap pouvait attendre de New York au milieu de la décennie. Pour Guru, courir après l’intérêt de la masse était la façon la plus rapide de se faire entendre, et lorsqu’un son comme « Mass Appeal » passait, la puissance de la chanson était telle que la pop se sentait diminuée par la comparaison. Le beat de Premier a adopté une approche bruyante qui sonne comme les wagons de métro et cliquetisse comme des clôtures. La seule mélodie est une boucle qui ne passait pas seulement dans le refrain mais à chaque seconde du morceau, et elle a fait de la chanson un hit.

The Notorious B.I.G. – Juicy (1994)

NYC est le berceau du hip-hop, mais lorsque Death Row Records a sorti des albums détruisant tout sur leur passage au début des années 90, c’est L.A. qui avait la main. Comme il le dira des années plus tard, Notorious B.I.G. voulait « vendre des disques comme Snoop » – et avec « Juicy », il l’a réalisé. Avant de signer chez Bad Boy Records, Christopher Wallace, de Brooklyn, avait vendu de la drogue, sa mère avait un cancer du sein et son premier enfant était en route. « Juicy », le premier single de son premier album, Ready to Die, est la déclaration définitive du hip-hop envers le rêve américain: la persévérance de Biggie à travers le crime, les factures impayées et les professeurs désobligeants afin de s’enrichir et d’être apprécié pour ses talents. Tout autant que son propre succès, la chanson célèbre l’arrivée du hip-hop en tant que force artistique et culturelle. Et la décision de Sean « Diddy » Combs, piquée à Pete Rock, d’utiliser le sample vibrant de la chanson « Juicy Fruit » de Mtume de 1983, a apporté une chaleur familière et intemporelle. « Juicy » a atteint la 27e place du classement du Billboard Hot 100, Ready to Die a été certifié double platine un an après sa sortie, et la chanson capture toujours le rap à son plus haut niveau.

Wu-Tang Clan – C.R.E.A.M. (1994)

« C.R.E.A.M. » n’était pas le premier single du groupe, mais c’est celui qui semble être le plus indélébile aujourd’hui. Raekwon ne crachait pas de l’argot de rue, « C.R.E.A.M. » était une émotion brute, le récit d’un enfant piégé dans son environnement, un environnement où la combinaison de drogues et d’herbes faisait saigner ses yeux, où Inspectah Deck esquive les enfants braqueurs, les flics corrompus, la drogue et les coups de feu errants. Chaque ligne était iconique, chaque détail suggérant un monde au-delà, où la seule motivation au dessus de la survie était l’ambition: « Prêt à abandonner donc je cherche des conseils auprès de ma mère / Qui a expliqué que travailler dur peut vous aider à vous maintenir / Pour apprendre à surmonter les peines et la douleur. »

Mobb Deep – Shook Ones Pt II (1995)

Havoc avait à peine 20 ans, assis seul dans l’appartement de sa mère dans un des immeubles de Queensbridge, en proie à des difficultés après l’échec de son premier album, lorsqu’il a déformé une ligne de piano de « Jessica » d’Herbie Hancock pour donner l’impression d’attirer l’auditeur en enfer. Chaque mot prononcé sur « Shook Ones, Pt. II » allait devenir iconique, du début avec les ad-libs de Prodigy (« To all the killers and a hundred-dollar billers ») à l’examen de conscience désespérée de Havoc (« Est-ce que je mérite de vivre? Ou irai-je en enfer pour tout ce que j’ai fait? »), des cœurs chauds devenus froids aux os du nez devenus tranchants. C’est une déclaration parfaite pour l’un des plus grands groupes du genre, sans cesse référencé mais jamais reproduit.


La chanson a transformé la carrière de Mobb Deep en faisant ce que le rap new-yorkais a fait de manière si captivante depuis « The Message »: elle envoie des projecteurs dans les coins les plus sombres de la ville, les reproduisant avec des détails déconcertants et un style inimitable. Et aussi sinistre que puisse être la musique de Mobb Deep, elle était aussi marquée par la fierté du quartier. « Si je meurs », Prodigy rappe dans le premier couplet de la chanson, « Je ne pourrais pas choisir un meilleur endroit. »

Jay Z ft The Notorious B.I.G. – Brooklyn’s Finest (1996)

Rétrospectivement, même si et Big et Jay sont deux des meilleurs rappeurs de tous les temps, il est assez étonnant que leur union pré-mortem ait répondu aux attentes et même plus. C’était décevant d’apprendre qu’ils n’avaient pas enregistré ce son ensemble, car c’est l’un des meilleurs tracks de tous les temps où deux rappeurs crachent l’un après l’autre. Ce classique ressemble à une soirée des Made Men, la joviale scène de dîner de la mafia dans « Can’t Knock The Hustle » interprétée dans un rap; ils rappent comme deux patrons qui font la fête après avoir réalisé un gros coup.

DMX – Ruff Ryders’ Anthem (1998)

À la fin des années 90, le groupe des Ruff Ryders s’est imposé comme l’adversaire direct de Bad Boy de Puff Daddy: ils ont abandonné les costumes brillants pour les motos, les bandanas et les pitbulls. « Ruff Ryders’ Anthem » a amené cette esthétique sauvage à un tout autre niveau, DMX s’adressant à la rue, créant une dévotion mondiale de Double R. Produite par un adolescent prénommé Swizz Beatz, la chanson a été complétée par un vidéoclip de cascades de motos et dans lequel on pouvait également voir apparaitre des rappeurs tels que Onyx, The LOX, Eve, Drag-On, et bien d’autres. Et dire qu’au départ, X n’aimait pas l’instru…

M.O.P – Ante Up (2000)

En dépit de la violence de cette chanson et du fait que le duo M.O.P. de Brownsville, Brooklyn, soit l’opposé complet des stars du rap mainstream, « Ante Up » est devenu omniprésent: il est apparu ou a été samplé dans des films et des émissions de télévision, a été adopté comme chanson thème du lutteur superstar John Cena, et a même suscité une performance d’Anna Kendrick chez Ellen. L’ode au vol à main armée de Lil’ Fame et Billy Danze, avec ses raps criés et sa production frénétique et alarmante de DR Period, dégage une énergie qui continue à vous secouer bien après sa dernière note. Le hip-hop consiste à prendre ce qui vous appartient, et aucune autre chanson du genre n’incarne mieux cet esprit. Points supplémentaires pour le remix, qui comprend des couplets tout aussi brûlants de Busta Rhymes, Remy Ma et Teflon.


50 Cent – What Up Gangsta? (2003)

« Ils disent que je me balade comme si j’avais un S sur la poitrine / Nan, c’est un semi-auto, et un gilet sur la poitrine. » C’est du rap de super-héros, ou plutôt du rap de super-méchants. Quoi qu’il en soit, très peu d’albums de rap ont livré une meilleure ligne d’ouverture. La première chanson de Get Rich ou Die Tryin’ n’a certainement pas été enregistrée dans le but de passer à la radio, mais elle a cimenté 50 Cent comme le rappeur de rue plus grand que nature que tout le monde croyait qu’il était. « What Up Gangsta » a établi le climat qui allait se faire sentir tout au long de l’album multi-platine, et a complètement englouti les auditeurs dans un monde remplis de mythes de la rue, de braqueurs, de proxénètes et de légendes du rap qui allait se dévoiler au cours de 19 morceaux. Bien qu’il n’ait pas la même popularité que « In Da Club » ou « 21 Questions », « What Up Gangsta » a montré le général du G-Unit en monde New York street avec des rimes méchantes et un beat hardcore.

Terror Squad – Lean Back (2004)

Fat Joe était en avance sur son temps dans le domaine du hit single qui allait devenir une danse lorsqu’il a sorti « Lean Back ». Scott Storch a réussi une nouvelle fois à poser son Toucher de Midas du côté de la production, même si, selon Joe, il a aussi donné un coup de main: « J’ai fait le beat. Chaque fois que je travaille avec Scott Storch, je fais les beats avec lui », confiait-il en 2011. En tout cas, « Lean Back » avait « ce truc ». Alors que la chanson est officiellement sortie par le Terror Squad – le groupe désormais disparu de Fat Joe – la seule autre rappeuse présente était Rémy Ma, qui a été officiellement présentée ici comme une menace à ne pas prendre à la légère lorsqu’elle se servait d’un stylo. Joe a également tenu bon, et ça n’a pourtant pas été facile: « C’est la seule instru que j’ai gardée pendant deux mois parce que j’avais peur de rapper dessus tellement elle était incroyable », a déclaré Joe à propos de « Lean Back ». Cette peur s’est finalement transformée en billets verts lorsque le single est devenu numéro 1 pendant trois semaines consécutives, et a cimenté « Lean Back » en tant qu’élément de base à absolument passer en soirées.

Mentions spéciales

Audio Two – Top Billin (1987)
Boogie Down Productions – South Bronx (1987)
Eric B. & Rakim – I Ain’t No Joke (1987)
EPMD – You Gots to Chill (1988)
Black Sheep – The Choice Is Yours (1991)
Pete Rock & C.L. Smooth – They Reminisce Over You (T.R.O.Y.) (1992)
Das EFX – They Want EFX (1992)
Eric B. & Rakim – Juice (Know the Ledge) (1992)
KRS-One – Sound of da Police (1993)
Big L – Put It On (1994)
Nas – It Ain’t Hard To Tell (1994)
Craig Mack ft the Notorious B.I.G., Rampage, LL Cool J & Busta Rhymes – Flava in Ya Ear (Remix) (1994)
Nas – The World Is Yours (1994)
Method Man – Bring the Pain (1994)
Ol’ Dirty Bastard – Brooklyn Zoo (1995)
The Notorious B.I.G. – Who Shot Ya? (1995)
Jay-Z ft Mary J. Blige – Can’t Knock the Hustle (1996)
DMX – Ruff Ryders’ Anthem (1998)
Jay Z – Hard Knock Life (Ghetto Anthem) (1998)
Black Rob – Whoa! (2000)
50 Cent – Wanksta (2002)